L’inconnu du train

1 Direction Orly

   Le Noël à Bayonne avait été très agréable. Nos petits loups avaient apprécié les retrouvailles avec leurs cousins, surtout, lorsqu’ils firent la connaissance de leur tout nouveau compagnon de jeu à 4 pattes surnommé Poupy. 

   Toute la famille devait partir ce 26 décembre, pour une semaine, en direction d’une jolie station de ski dans les alpes. 

   Ils étaient excités à l’approche de cette nouvelle année 2020.

   Les enfants avaient été gâtés, et avaient décidé d’emporter leur jouet favori.

   Léon prit ses cartes mystères, Élisa, sa poupée, reine des neiges, Timothée sa baguette magique. Quant à Charlie, il avait toujours sur lui la licorne reçue il y a quelques mois qu’il ne quittait jamais.

   Le voyage se déroulait sans encombre, les parents ainsi que les enfants étaient confortablement installés dans l’avion, qui devait les emmener sur Paris.

   Le Boeing atterrit à Orly une heure plus tard, et c’est au pas de course qu’ils réceptionnèrent leurs bagages sur le carrousel. Puis, ils prirent un combi car qui devait les déposer à la gare de Lyon. Les adultes s’inquiétaient. Leur train était dans moins d’une heure, vu l’embouteillage en ces périodes de fêtes, ils savaient que le timing serait serré.

   Difficile de se mouvoir facilement dans les couloirs, surtout lorsque l’on doit courir avec des après-skis. Élisa en fit les frais, elle buta à plusieurs reprises en tirant sa valise à roulettes qui faisait des siennes tous les dix mètres.

   C’est en sueur qu’ils débarquèrent à la gare de Lyon, entre-temps, Poupy s’était réfugié dans le sac de sa maîtresse. Charlie s’était assis sur son bagage, en se laissant traîner. Élisa essoufflée ne pouvait plus parler. Seuls Léon et Tim tenaient la cadence.

Alors que Colleen fermait la marche, elle intervint en criant 

—Vite ! Notre train est arrivé, ne tardons pas, notre wagon est  à la tête du quai. 

Cela faisait plus d’une heure que le train roulait, les conversations allaient bon train. Ils firent la connaissance d’autres futurs grands skieurs qui désiraient relater leurs expériences accompagnées de leurs conseils.

   Les adultes avaient décidé de se retrouver à la voiture-restaurant, et recommandèrent aux petits loups de garder un œil sur les valises.

Il y avait un va-et-vient constant dans leur wagon, beaucoup d’enfants allaient rejoindre différentes stations de ski. Certains descendraient à la gare de Genève ou celle de Lausanne.

Quant à nos petits loups, leur voyage était loin d’être terminé, après Genève, ils devaient reprendre un second train afin de regagner leur destination.

Léon s’amusait avec ses cartes mystères, quant à Timothée il essayait de manipuler les baguettes qu’on lui avait offertes. Élisa parlait à ses poupées, Charlie quant à lui, écoutait les conversations voisines.

 Puis il remarqua quelque chose, il s’approcha de sa petite figurine et vit qu’elle s’était mise à scintiller. Il n’osa le dire, mais il n’était pas le seul !

 Poupy qui dormait d’un œil donnait des signes de lassitude, si bien qu’Élisa vint lui demander s’il avait faim ou soif. Et c’est en se redressant qu’il s’aperçut d’un halo au-dessus de la tête de la licorne.

Poupy aboya, disons plus exactement, wouafa comme aimait le dire Charlie. Il avait également remarqué que sa statuette essayait de lui dire quelque chose.

   Élisa dévisagea Charlie en le questionnant du regard.

Charlie haussa les épaules ce qui signifiait, ce n’est rien. Occupe-toi de tes poupées.

Puis le contrôleur arriva :

—Bonjour, puis-je vérifier vos titres de transport s’il vous 

plaît ?

Sans lui prêter attention, tous les enfants tendirent leur réservation. Une fois, tous les billets contrôlés, il revint vers Charlie.

—Votre licorne, Charlie, est bien jolie, j’ai le sentiment de l’avoir déjà vue !

    Nos petits loups, interloqués, levèrent les yeux, et se demandèrent par quel miracle il l’avait reconnu en le nommant par son prénom.

     —Ne vous inquiétez pas, ce n’est qu’une impression, mais

     si toutefois, vous aviez un quelconque problème, n’oubliez pas ! Faites appel à ses bons soins. 

     Ils furent saisis par cette remarque. Déjà 8 mois, qu’ils s’étaient rendus dans la grotte des cavaliers, et depuis, ils n’en avaient plus reparlé. 

Chacun se regarda et voulut intervenir, mais le contrôleur avait soudainement disparu.

Ils ne purent se concerter, car à ce moment-là réapparurent les parents.

—Alors demanda Julien, vous avez surveillé nos bagages ?

—Euh ! Oui, dirent-ils.

—Nous vous avons gardé une place au restaurant.

     Nos petits loups se levèrent avec empressement, non seulement, ils avaient faim, mais ils allaient pouvoir discuter de ce qui venait de se passer sans que les parents puissent être au courant.

Puis on entendit 3wouafs, Poupy voulait les accompagner. Élisa se pencha et souffla à son oreille.

—Tu ne peux pas venir, les animaux ne sont pas acceptés dans le restaurant.

Poupy était déçu, décidément il allait devoir encore les attendre, et de plus il commençait à avoir faim et soif.

La voiture-restaurant était décorée avec goût. Il y avait de jolies tables dressées de nappes rouge et vert et au centre un petit sapin blanc. Les enfants avaient les yeux rivés sur le menu, et décidèrent d’un commun accord d’opter pour un risotto aux poireaux et à la crème et un fondant au chocolat. 

À peine avaient-ils terminé leur commande que Charlie prit la parole.

— Vous ne trouvez pas bizarre qu’un inconnu nous parle de notre licorne ? Il m’a tout de même signalé que je pouvais faire appel à elle si j’en avais besoin.

—Élisa intervint en précisant qu’à un moment, il y avait eu une sorte de cercle lumineux au-dessus de la tête.

—Léon et Tim ne s’étaient rendu compte de rien, il est vrai qu’ils s’étaient un peu endormis.

—Mais lorsque l’on nous les a remis, nous étions bien seuls dans la grotte ? 

—Où se trouve-t-elle maintenant ? Demanda Léon.

Charlie sortit sa petite figurine de son sac à dos, tous la regardèrent de plus près, il leur demanda où se trouvait la leur.

—La mienne est dans ma valise, s’exclama Tim.

—La mienne est rangée dans celle de mes parents, répondit Léon.

—Et toi, Élisa, dit Charlie ?

—Comme Léon.

—Qu’allons-nous faire ? S’interrogea Élisa.

—À quoi ressemblait le contrôleur ?

—Il avait l’air normal ! Je n’ai pas tellement fait attention, dit Charlie.

—Tu n’as rien remarqué de spécial, lui demanda Léon ?

—Non, il était sympathique, mais maintenant que vous me le dites, je crois me souvenir qu’il portait un drôle de costume. Il avait également un petit chapeau pointu, et de minuscules lunettes, à la monture en écaille et aux verres teintés.

—En es-tu certain ? Tu nous racontes des sornettes. Ta description ressemble fortement à une sorte de lutin, ou bien à un professeur de magie dans Harry Potter.

—Non, je t’assure, il était petit avec une barbe rousse, de plus ses vêtements étaient de couleur verte.

—Franchement, Charlie, si les autres voyageurs l’avaient remarqué on les aurait entendus pouffer de rire avec cet accoutrement.

—À ce que je sache, vous n’avez pas levé les yeux, lorsqu’il vous a demandé vos billets ? Ce n’est que lorsqu’il a terminé les vérifications de tous les voyageurs, qu’il est revenu vers moi et m’a parlé de ma licorne que je tenais dans les mains, dit Charlie agacé.

—Ne te vexe pas ! Dit Tim.

—Bon, arrêtez ! Dit Élisa, on n’avancera pas plus vite. Je vous propose que l’on se remémore ce qui s’est passé il y a quelques mois avec la découverte de la licorne.

—Justement, j’y venais, dit Charlie. Lorsque la licorne nous a donné nos petites statuettes, elle nous a bien dit que nous pouvions faire un vœu si nous en avions besoin. Que nous ne devions jamais en parler. C’est bien le cas, même à Poupy ?

—Bien évidemment ! Les licornes sont arrivées en mai. Quant à  Poupy, il est arrivé dans notre maison en novembre. À moins que ! 

Subitement, tous se retournèrent vers Élisa.

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